L'association Incarnato propose des expositions et des évênements à la rencontre des artistes !

ENCRES & ENCRES BRODÉES
de Jean-Marc BARRIER.


« Je cherche sur le papier l’espace où respirer, et l’encre – née du bois brûlé –
aide à faire exister un autre blanc où respire tout ce qui ne peut se dire. » JMB


Ce qui nous traverse, ce qui en nous respire. On pourrait penser à des pleurs, qui pourraient être de joie. Ou à ce qui
désaltère.
Les émotions nous traversent, ouvrant un espace intérieur de plus en plus
vaste, un monde où le vent, la pluie sont parfois attendus, qui fécondent,
avec leur amie la lumière. L’encre, par le geste, crée de la lumière et de
l’espace, et sa trace est déjà une liberté (elle échappe), cet espace de liberté en nous où le geste invente l’inattendu.
Jean-Marc Barrier aime se rapprocher de l’essentiel, de l’élémentaire. Il dessine en pensant à l’eau, au vent, à la pierre, il dessine au milieu d’eux, dans une ruine aménagée en atelier à ciel ouvert dans la montagne... Il dessine en pensant aux déserts, à l'océan, à ce qu’ils donnent d’air à inspirer, de soif à se creuser, de marche où se perdre et se retrouver. Il aime une dimension musicale du dessin, comme il dynamise l’espace d’une page.

Et un jour dans le travail d’atelier, il brode le papier qui porte ses encres un peu sauvages...

Il voit alors comme se lient sur la feuille le temps immédiat, spontané, celui de l’enfant libre, et le temps patient et méditatif de la broderie, celui de la pensée et de la rêverie, qui s’étire et lui aussi respire – et les deux temps renouent vitalité et méditation. C’est peut-être aussi une opération de réparation.
Le papier devient une peau.

Peut-être est-il possible aussi de sacrifier le temps – qui lui aussi échappe.
Cela parle des émotions., comme des phénomènes climatiques, et il s’agit de ne pas s’identifier à elles, en être le témoin et vivre leur traversée. Ces encres sont peut-être à l’image de nos royaumes intérieurs, vastes, profonds et animés, habités, avec leur part de silence, le trésor qu’ils protègent – la précaution qu’ils appellent – et la joie d’être qui s’y déploie. Car c'est l'espace et la vastitude qui est aimée ici, la vitalité, la paix et l'aisance.
La nature trouve peut-être ici une écriture, et son calme, son équanimité peuvent passer en nous.

(L’exposition comporte des oeuvres de plusieurs séries : les virgas, les pluies intérieures, l'esprit de l’île, et des textes poétiques qui s'incarnent dans des oeuvres-objets, les lames-poèmes)